Les Baux de Provence |
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:: L' histoire des Baux de Provence :: |
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AU
HASARD, BALTHAZAR |
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L'ancêtre le plus lointain de la famille des
Baux dont l'histoire ait gardé la trace se nommait Poncius. Il vivait au
milieu du IX° siècle. Un de ses descendants Poncius le jeune, né vers 950 et
mort vers 1026, épousa Profecta, fille de François 1er, chef de la puissante et riche famille de Marignane. Toute la fortune de la
maison des Baux, au début polarisée sur son nid d'aigle, vient de ses
alliances. Le fils cadet de Poncius et de Profecta épousa Inauris de Cavaillon
il s'appelait Hugues et fut le premier à porter le nom des Baux. C'est comme «
Seigneur de Berre et de Marignane » et non comme maître de la terrible redoute
des Alpilles que Raimond des Baux, petit-fils d'Hugues, épousera Etiennette de
Provence et justifiera ses prétentions à la couronne comtale. C'est par son
mariage avec Tiburge d'Orange, fille de Guillaume de Montpellier, que Bertrand
des Baux devint prince d'Orange. De telles unions fournirent à la famille des
Baux l'assiette territoriale qui lui manquait et contribuèrent puissamment à
la formation des terres baussenques, théoriquement libres de toute suzeraineté.
Au nombre pensait-on de 79 mais le décompte
paraît modeste, les possessions des Baux étaient répandues sur toute la
Provence et notamment sur les actuels départements des Bouches-du-Rhône,
de Vaucluse, du Var, des Basses-Alpes et de la Drôme. Le Bourg-Neuf d'Arles et
Trinquetaille, l'étang de Vaccarès et la Camargue, Berre, Martigues, Marignane,
Miramas, Saint-Chamas, Rognac, Vitrolles, Ceyreste, Aubagne, Auriol, la
Cadière,
la principauté d'Orange relevaient, entre autres, de leur autorité. |
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A l'origine le nom de Baux ne désignait qu'un simple Castrum. Le terme géographique
venait de Bale signifiant escarpement, précipice, défilé. Bale a donné en
latin Balchius, Baucius, puis en provençal h Bau. Adopté par Hugues le nom de
Baux suggéra l'idée à la famille de se rattacher au roi mage Balthazar (en
provençal Bautezar), origine fabuleuse bien dans le goût du Moyen Age et qui
donna naissance aui armes parlantes de la maison « de gueules à une comète à
16 raies d'argent » et à sa devise « àl'asard Bautezar ». Cette confusion
s'explique par la croyance alors vivace en la valeur significative des
calembours. C'est ainsi que Joseph de Maistre méditera au xix' siècle sur l'étymologie
donnée par le Moyen Age au mot cadavre que l'on donnait comme issu de la
locution « Cara data vermibus », soit chair donnée aux vers. Ce qui conférait
un sens profond à une simple rencontre de mot. |
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La
devise tirée de Sources discutables devint pour les hardis soldats de la
dynastie des Baux une véritable maxime. Toujours luttant contre leur voisin,
disputant leurs droits à des familles souveraines, puis une
fois perdue la partie sur leur propre terre s'engageant dans des querelles en
Italie pour la maison de Naples, les princes de la maison des Baux justifièrent
par leur exemple la maxime qu'ils s'étaient donnée, pleine de défi et
d'audace. |
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Textes extraits de: "Les Baux" par Paul Pontus aux Nouvelles Editions Latines 3t1971 |