Les Baux de Provence |
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:: L' histoire des Baux de Provence :: |
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LES GRIMALDI DE MONACO |
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Comment la baronnie des Baux
passa-t-elle aux mains des princes de Monaco? C'est une des péripéties de la
lutte alors engagée entre Français et Espagnols soucieux d'asseoir leur
influence sur le sud-est européen. Pour la France, il s'agissait d'évincer les
Espagnols de Monaco, où ils s'étaient installés à la faveur de la minorité
du prince Honoré Il. En effet, à la mort de Hercule 1er
qui
périt assassiné, la régence revint au tuteur du jeune prince, son oncle
Horace. Ce dernier, partisan de l'Espagne, admit à Monaco l'installation d'une
garnison hispanique, chargée en principe de maintenir l'ordre et la paix. |
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L'héritier légitime, parvenu à
maturité, voulut secouer cette allégeance. Mais comme sa puissance militaire
ne lui permettait guère d'atteindre ce but, il dut avoir recours à la ruse. Le
prince Honoré noua des rapports secrets avec la cour de France et convint avec
elle d'une action concertée dont les conséquences étaient, par traité, mûrement
pesées. C'est ainsi que les biens susceptibles d'être perdus en Italie par le
prince, d'un rapport annuel de 25 000 écus ou ducatons, devaient être remplacés
par des terres en France, situées de préférence en Provence, fournissant
les mêmes dividendes. Un duché-pairie pour le prince régnant, un marquisat
pour son fils et un comté compenseraient éventuellement les pertes de la
dynastie. Mais le pire n'étant pas toujours certain, les parties contractantes
avaient prévu le cas où les Espagnols, magnanimes, auraient laissé au prince
une partie de ses biens. La France n'aurait alors en charge que la compensation
des pertes réellement subies. |
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Maintenant il s'agissait de mettre
l'ours à terre, c'est-à-dire d'expulser les Espagnols de Monaco. Honoré ne
disposait d'aucune véritable force d'intervention. Il sut la créer de toute
pièce en faisant appel à son imagination. Sous prétexte de punir quelques
excès commis contre les Espagnols il fit enfermer trente habitants de Menton
et de Roquebrune reconnus comme résistants et favorables à sa cause. Le tour
était machiavélique. Puis il obtint d'un commandant sans méfiance qu'une
partie des soldats de la garnison allassent se refaire au domicile des habitants
emprisonnés. Alors Honoré alla vers ses prisonniers, leur expliqua tout
rondement la véritable raison de leur incarcération et leur dévoila ses
plans. Partant de ce noyau, dur et résolu, avec quelques serviteurs zélés
et les habitants les plus fidèles comme Jérôme Rey, il mit rapidement sur
pied ses groupes de combat. Il ne restait plus qu'à courir à Antibes et à prévenir
la garnison. Le lendemain les troupes francaises entraient à Monaco, sans coup
férir (18 novembre 1641). |
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Le fer et l'astuce ayant procédé à l'essentiel, la négociation s'imposait à nouveau. Les Espagnols n'obtinrent aucune concession d'Honoré 11. Aussi ce dernier perdit-il ses terres d'Italie et n'eut point à subir de restrictions dans les réparations dues par la France. La Provence et le Dauphiné fournirent les terres destinées à compenser les lourdes pertes infligées, en rétorsion, par les Espagnols et c'est ainsi que les Baux et Saint-Rémy érigés en marquisat pour Hercule 11, fils du prince régnant, connurent un nouveau lustre à défaut de nouvelles aventures. |
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Textes extraits de: "Les Baux" par Paul Pontus aux Nouvelles Editions Latines 3t1971 |