Les Baux de Provence |
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:: L' histoire des Baux de Provence :: |
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LES
GUERRES BAUSSENQUES |
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L'origine de ces guerres doit être recherchée
dans la rivalité qui opposait la maison de Toulouse, puissamment assise entre
les Pyrénées, la Mer, le Massif Central et les Alpes, à la maison de
Barcelone, établie dans la vallée de l'Ebre, sur la marche d'Espagne, au
contact de l'Islam. Arrêtés vers le sud, les comtes catalans tournaient leurs
ambitions vers le littoral méditerranéen, au pied des Cévennes et jusqu'au Rhône.
L'opposition des intérêts et leur commune application créèrent le conflit. |
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Le mariage en 1112 de Raimond Béranger de Barcelone
avec Douce, fille de Gerberge qui possédait le comté de Provence, le Gévaudan,
le Carladais et une partie du comté de Rodez, valut au comte catalan un surcroît
d'autorité en Provence. Il conduisit Alphonse Jourdain, de la maison de
Toulouse, à signer en 1125 un traité délimitant les zones d'influence de
chacun. Tout le pays au nord de la Basse Durance et sur la rive droite du Rhône,
les châtaux de Beaucaire et de Valabrègue, l'Argence étaient dévolus au
comte de Toulouse c'était le
marquisat de Provence. La partie comprise entre le Rhône, la Durance, les Alpes
et la mer fut la part du comte de Barcelone. Avignon, Pont de Sorgues, Caumont
et le Thor restaient indivis. |
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Le xIIe siècle
sera rempli de querelles successorales, conséquences du régime féodal et de
la diversité des coutumes. Douce avait une soeur cadette, Etiennette, qui à la
mort de son aînée pouvait revendiquer l'héritage de Gerberge, Si l'on
maintenait la succession en ligne directe. En revanche, Si l'on acceptait le
transfert des biens par alliance, c'est au mari de Douce que revenait le comté
de Provence. C'est sur cette seconde conception que tablait Raimond Béranger et
Si, jusqu'en 1127, date de la mort de Douce, les chartes
concernant leurs domaines furent signées à la fois par Douce et par son mari,
elles ne portent plus après cette date que la signature de Raimond Béranger
qui se substitua entièrement à sa femme. Tant que Raimond Béranger vécut,
Etiennette n'aura pas de revendication, il n'en fut pas de même quand les biens
de sa mère revinrent à ses propres neveux et qu'à la suite d'un partage la
Provence échut à l'un d'eux. |
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Or Etiennette avait épousé Raimond des Baux
qui ne se fit pas faute de soutenir les droits que sa femme tenait de sa mère
Gerberge. Du coup le Midi se divisa en deux clans d'une part, celui du neveu d'Etiennette, cadet de la maison
de Barcelone, soutenu par son frère aîné, ainsi que par les vicomtes de
Carcasonne, de Béziers et de Nîmes ; d'autre part, celui d'Etiennette et de
son mari, soutenu par les Toulousains, le comte de Foix et même les Gênois, à
qui on peut imputer le débarquement au cours duquel périt le neveu d'Etiennette. |
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Raimond des Baux pour consolider sa position
s'adressa à l'empereur Conrad III, qui possédait sur la région une autorité
plus théorique que réelle, afin qu'il reconnût les pouvoirs qu'Etiennette et
lui-même tenaient de l'héritage de Gerberge. Par acte du 4 août 1145
l'empereur valida leurs titres, sans en préciser trop le contenu, et leur donna
le droit de battre monnaie, avantage attaché à la souverainté. Mais les
armes ne devaient pas ratifier cette décision, d'ordre juridique, et dès le début
de 1147 la maison de Barcelone à nouveau en guerre avec Raimond des Baux,
emporta un succès décisif, dû en grande partie à l'absence du comte de
Toulouse, occupé à la croisade. Son impuissance convainquit Raimond de
composer et l'incita à négocier avec Barcelone : il fit sa Soumission et
mourut avant que les conditions de paix fussent arrêtées. Etiennette, et ses
quatre fils : Hugues, Guillaume, Bertrand et Gilbert n'eurent d'autres ressources
que de renoncer à leurs droits sur le comté de Provence. Le traité mettant
fin à ce premier épisode sera signé à Arles en 1150. |
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La trève ne devait guère durer. Après cinq
années d'attente Etiennette et ses fils relancèrent les dés. Allié au comte
de Toulouse, Hugues obtint un premier succès d'ordre diplomatique, et reçut
de la part de l'empereur germanique, Frédéric Barberousse, confirmation des
titres de sa maison. Mais les hostilités une fois encore tournèrent à sa
confusion. La maison des Baux dut s'avouer battue et s'engager à ouvrir le château
de Castillon et diverses places fortes à première réquisition. Le château
des Baux et quelques-unes de ses défenses avancées étaient exclus de cette
humiliante condition. |
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En 1162, troisième et dernière tentative,
d'un règlement par les armes : les catalans s' assuraient définitivement
de leurs adversaires. Le château des Baux fut rasé et le territoire avoisinant
ravagé. |
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La maison de Barcelone voulut faire reconnaître
sa victoire militaire par les chancelleries. Hugues des Baux, s'empressa de
contrarier cette démarche, et fit état auprès de Frédéric Barberousse des
deux diplômes pourvus de la bulle d'or impériale, émanant l'un de Conrad,
l'autre de Frédéric Barberousse lui-même. Ce fut peine perdue. Frédéric
Barberousse ergota, fit valoir que le nom de la Provence ne figurait pas dans
les actes précités et se garda bien de donner raison au vaincu. |
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Pendant près de vingt ans (1142-1162) la
maison des Baux avait tenté de s'imposer. Les droits nés d'un mariage s'éclipsèrent
dans un mariage. L'empereur donna sa nièce à Raimond Béranger III, de la
maison de Barcelone, fidèle au prénom porté par le mari de Douce. Maîtresse
des champs de bataille, la dynastie catalane se couvrait d'une reconnaissance
impériale, à la vérité plus flatteuse qu'efficace. |
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Textes extraits de: "Les Baux" par Paul Pontus aux Nouvelles Editions Latines 3t1971 |