Les Baux de Provence |
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:: L' histoire des Baux de Provence :: |
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UNION OU ANNEXION |
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La mort de Raimond de Turenne allait rendre à sa pupille Alix des Baux
(1372-1428), le plein exercice de ses droits. Par testament (octobre 1426), elle
transmit ses biens personnels à son plus proche parent, Guillaume des Baux,
duc d'Andria. Ces mesures n'eurent pas l'heur de plaire au comte de Provence,
Louis III d'Anjou, qui refusa de les reconnaître et mit la main sur la baronnie
des Baux, dès lors considérée comme terre comtale. |
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Mort en 1434, Louis III laissa la couronne à René d'Anjou, son frère. Né
le 20 janvier 1408, à l'ombre du château d'Angers, le futur roi avait reçu le
nom d'un des insignes protecteurs de la cité, à qui la légende accordait le bénéfice
d'une résurrection merveilleuse et que, pour cette raison, on avait doté du
nom de René (soit deux fois né). Légende et explication tout à fait dans
le goût du moyen âge. |
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Mgr René subit la loi de son époque et essuya les caprices les plus désordonnés
de la fortune. Jusqu'en 1438, duc de Bar et de Lorraine, il dut lutter contre
les ambitions de ses rivaux, tandis que par la suite il guerroyait en Italie
pour tenter d'y restaurer l'autorité de sa maison. De 1443 à 1471, ce sont
les affaires angevines qui l'occuperont. Puis retiré en Provence il y
terminera ses jours, non sans avoir marqué son administration par sa bonhomie
et son goût des réformes. Son caractère libéral ne se démentit jamais. Il
octroya, en viager, à sa seconde femme, Jehanne de Laval, sa loyale compagne,
l'antique baronnie des Baux ; elle habita souvent le château qu'elle orna et
embellit, tandis que les services du roi veillaient à l'entretien des bâtiments. |
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La faveur du roi René valut aux Baux plusieurs privilèges justifiés par
l'importance des travaux d'entretien et de grosses réparations que la
collectivité devait exécuter à la ville et aux remparts. Par lettres patentes
données à Marseille le 10 mars 1437, le roi René concédait à la communauté
les avantages suivants: |
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a)
Sur le plan politique : La ville et le château sont définitivement
incorporés au domaine royal. Des compétences locales sont confiées à des
syndics élus. |
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b)
Sur le plan judiciaire : Les habitants des Bau~ ne pourront être détenus
en prison que dans leur propre ville. Les sentences de leurs juges ne pourront
être revues ou cassées que par le grand sénéchal de Provence. Les habitants
des Baux sont soustraits àla juridiction des officiers de justice, à moins
d'un mandement venu de l'autorité supérieure. |
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c)
Sur le plan économique : Le droit de pêche au filet et à la ligne,
avec ou sans barque, est reconnu aux gens des Baux sur les marais de Castillon.
Pendant la période d'ouverture, la chasse est possible, sans furon et sans
feu, sauf sur la montagne du Deffens. Le recrutement de bergers étrangers au
pays est admis. |
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d)
Sur le plan fiscal : Tout droit d'octroi est supprimé, il est possible
de vendre ou d'acheter sans taxe. La donation entre vifs est exempte de droits
de lods. Pas de droit de gabelle aux Baux. Remise des amendes passées quel que
soit l'auteur de l'infraction. |
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Faute d'héritier direct, et sous la pression du roi de France, le roi René,
passant outre à la tradition, légua le comté de Provence, non pas à son
petit-fils René Il, mais à son neveu Charles du Maine, valétudinaire sans
enfant (22 juillet 1474). Aussi quand le roi René mourut le 10 juillet 1480, le
sort de la Provence et des Baux était réglé. Charles au bout de dix-sept mois
de règne quittait ce bas-monde après avoir désigné pour lui succéder le roi
Louis XI. |
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Dès que ce dernier eut appris la mort de Charles III et le contenu Si
favorable de ses dernières volontés, il nomma comme lieutenant-général en
Provence un homme qui était son principal agent dans le pays depuis cinq ou six
ans, Palamède de Forbin. Ce dernier s employa à faire voter par les états
cinquante-trois chapitres préparés par ses soins (15 janvier 1482). Ils formèrent
la Constitution de la Provence, la charte de ses libertés et privilèges. Mais
l'on peut se demander Si, comme ces déclarations officielles le laissaient
entendre, la Provence était bien unie à la France comme un principal à un
autre principal, ou Si elle n'avait pas été purement et simplement annexée.
Louis XI, touj ours accapareur et méfiant, écarta Palamède de Forbin en lui
confiant une mission au delà des Alpes, et désigna pour le représenter le
sire de Baudricourt, son homme de confiance qui avait fait ses preuves en
Lorraine (1483). Le nouveau lieutenant-général était un homme peu commode
; tout en rendant justice aux victimes de Palamède de Forbin, il fit démolir
les châteaux jugés inutiles et s'attaqua aux murailles des Baux. Il réunit
dans ce dessein une importante troupe et obtint du Conseil de ville d'Arles, une
contribution de trois cents florins. « L'abattement du château » ne fut pas
mené à son terme. Comme point de surveillance et réserve d'infanterie, il
pouvait encore servir à la police du roi. Louis XI mourut le 30 août 1483, et
les remparts des Baux furent relevés d'ordre du sénéchal. La vieille
forteresse avait définitivement perdu son rôle militaire et c'est comme siège
d'une simple viguerie royale qu'elle survécut à son ancienne gloire. Les «
terres baussenques » étaient définitivement aliénées. |
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Transformés en baronnie, donnés par le roi à d'importants personnages,
les Baux seront administrés en principe par un gouverneur, mais en fait par
un viguier, qui en avait reçu délégation. Toutefois, et par suite de
circonstances tout à fait exceptionnelles, la baronnie revint un temps entre
les mains d'un lointain - très lointain - descendant de la race des Baux. En
effet, le roi de France, Louis XII la confia à l'un de ses familiers, frère
Bernardin des Baux, chevalier de Rhodes et de Saint-Jean de Jérusalem,
conseiller et maître d'hôtel du roi, capitaine des Galères. Hardi marin qui
s'illustra contre Venise, la république de Gênes, les Turcs et les
Barbaresques, il fut surnommé le « Grand Corsaire ». A la date du 4 mai 1513,
Louis XII lui donna les châteaux, place, terre et seigneurie des Baux, sous les
conditions accoutumées pour le récompenser des services rendus au royaume et
de ses fructueuses prises de mer. Bernardin fit son entrée aux Baux, le 5
juillet 1513, non sans que les habitants ne lui aient fortement marqué qu'ils
ne livraient la ville qu'au roi. L'administration courante fut confiée à Jean
Fabre, tout le temps de la vie de son maître qui s'éteignit à Marseille en
1527, dans la disgrâce royale. Bernardin avait du moins tenu à assurer la
conservation des Baux, où il possédait une résidence secondaire. |
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Textes extraits de: "Les Baux" par Paul Pontus aux Nouvelles Editions Latines 3t1971 |