Les Baux de Provence

 

:: L’OCCUPATION SEIGNEURIALE DE LA VALLEE DES BAUX AU MOYEN ÂGE ::

Par Odile MAUFRAS*

 

 

 L’ étude de l'occupation de la vallée des Baux pendant le Moyen Âge est en cours. Elle s'appuie sur la lecture des textes anciens qui mentionnent des personnages, des sites et parfois leur statut1 sur l'analyse des parcellaires qui met en évidence plusieurs noyaux à réseau étoilé comme autant d'habitats médiévaux potentiels2 et enfin sur les prospections qui complètent ou corrigent  les  résultats  des  deux  premières  approches3. Occasionellement la réalisation de fouilles archéologiques illustre un point particulier de cet ensemble4. A ce jour il est prématuré de présenter un bilan de cette étude, cependant un pan peut déjà en être dressé celui qui concerne ses seigneurs. Parce que leur habitat, fortifié et monumental, est resté plus prégnant dans le paysage, et parce qu'ils ont plus souvent recours à l'écrit que l'homme du commun, leur histoire est plus facile à cerner que celle des populations qui les entourent.

L’histoire seigneuriale de la vallée des Baux coïncide largement avec celle de la famille qui lui a donné son nom. Elle est faite de luttes pour la recherche de la domination des hommes et des revenus que cette domination procurait. Elle se fonde sur des actes de donation de terres, des chartes d'hommages et des procès verbaux de litiges relatifs aux droits des uns et des autres. Enfin, elle croise l'histoire de l'occupation du sol et per­met quelques observations sur l'évolution des habitats dans la vallée des Baux.

 

 LA VALLEE DES BAUX AU X° Siècle

 A l'origine, un site éponyme : le Balcium crastrum ou castrum de Baucio, place fortifiée sur un éperon barré au sud de la chaîne des Alpilles, mentionné pour la première fois au X° s., vers 960 (Chantelou 1980  49-50). Il appartient alors au senior ou domnus Pons-le-Jeune, homme de la noblesse proche du comte Boson et de l'archevêque d'Arles (Smyrl 1968 20). Le site parait correspondre à une possession réduite et isolée le territoire du Castrum ne dépasse manifestement pas les vallons de la Fontaine et d'Entreconque qui s'étendent sur un faible périmètre au pied de ses flancs ouest et est (fig. 1). Pourtant le lieu présente le bien le plus précieux de la famille, un bien qui ne sera jamais aliéné et dont Hugues, fils ou petit­fils de Pons-le-Jeune, adoptera le nom pour patronyme autour de 1030 (Barthélémy 1882 : ch. 6-10)

Par ailleurs le site est en bordure d'un vaste domaine, la val­lem Filauriam (en 961, GCNN Arles : 261) ou territorio Felaurie (en 1030, Cuérard 1862 : ch. 155) qui s'étend au sud du castrum, de Fontvieille à Mouriès et qui est alors dans la directe de l'archevêque d'Arles5. Ce domaine est occupé par plusieurs noyaux habités dont deux sont connus grâce aux textes : Saint-Martin et Saint-Roman6, implantés autour et au nord des marais, à proximité d'édifices religieux (GCNN Arles : 261). Il s'agit probablement de villae, au sens médiéval du terme : groupement lâche de manses ou fermes autour d'une église. l'existence de villages sur un domaine ecclésias­tique suppose en outre la mise en valeur agricole du terroir. A l'époque carolingienne, la présence seigneuriale n'est attestée dans la vallée que par les vestiges d'une motte castrale immé­diatement au nord de Saint-Martin, au lieu-dit « le Castellar (Gazenbeek 1995:116). Son tenancier (seigneur indépendant ou vassal de l'archevêque) n'est pas connu, et elle s'effacera rapidement du paysage (infra la réorganisation du territoire).

 

(1)      Etude menée par M. Gazeenbeek, J.M. Palet et O. Maufras.

(2)      Mais parfois seulement des carrefours routiers ou des établissements plus tardifs. Etude menée par F. Mocci.

(3)      Recherches de M. Gazeenbeek.

(4)      Notamment à Castillon (fouilles de H. Tréziny), à Saint-Martin (fouilles de L. Martin) et récemment à Fontvieille (fouilles de E. Paone)

(5)           J.-P. Poly attribue le vallon au domaine de l'abbaye Saint-Martin d'Arles et précise que par le biais de la soumission des monastères à l'archevêque, ce der­nier en est bénéficiaire (l5oly 1976:81-82). (3'esren effet Manassès, archevêque d'Arles de 961 à 975 qui est cité comme bénéficiaire des terres énumérées dans l'acte de 961 (C,CNN Arles 261).

(6)           A Saint-Roman seule l'abbaye est attestée, mais il est possible qu'elle ait généré un groupement d'habitations.

* Afan /INRAP, 12, rue Régale, 30000 Nîmes.

milieu et sociétés dans la vallée des Baux, 2000

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L'occupation seigneuriale de la vallée des Baux au Moyen Age  

 

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:: UNE REDISTRIBUTION DES INFLUENCES A PARTIR DU XI SIECLE ::

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 Textes extraits de: "Les Baux" par Paul Pontus aux Nouvelles Editions Latines 3t1971

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